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January 18, 2011
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La magie de la musique


La musique en harmonie de sons
Comme dans la lumière les glaçons,

Chuchotant amoureuse à l'oreille
Dans les fleurs de l'été une abeille,
Sifflant serpent dressé sur nos têtes
Dégorgeant des bêtises l'arête,

Brume enveloppante d'un champ de neige
Feutrant de nos rêves le manège.
Ricochet d'un poème sur l'onde
En envol de magie à la ronde.

Complice au creux de la nuit secrète,
Pénétrant dans la  chair qu'elle feuillette.
Ensorcelante en rythme soutenu
Qui engourdit la raison sans retenue.

Drogue dans la danse et dans le geste,
Alchimie qui rend agile et leste
Et qui cadence longtemps après
L'écho des pas dans le matin frais.

La musique en harmonie des notes
De la partition qu'elle se tricote.




La musique, en un rêve de fabulation,
La musique, en spirale de modulations,
Ajuste sa tonalité à notre humeur
Et puis son rythme vient cadencer notre cœur.

C'est une symphonie et sa finale en démence.
C'est une fugue, un concerto, un chœur, une romance.
Parfois sublime, quand elle jazz amante la nuit,
Enlaçant charmeuse la moiteur presque sans bruit.

Provocante et mystérieuse venue des brumes,
Son doigt au creux des reins presse l'œil de la lune
Quand dans son blues qui blues la fin du jour
Sa langue bue a déjà saveur des amours.

C'est acide, rock, punk, heavy, métal ou new wave
Quand elle devient industrielle, jouisseuse et rave
Pour soutenir l'inconscient jusqu'au lendemain matin.
Ivresse de décibels secouant ses pantins.




Elle se fait tendre et enjôleuse mélodie.
Elle se fait poésie pour supporter le dit

Du chansonnier poète et pêcheur qui accroche
Son hameçon tout droit dans notre cœur qu'il embroche.

C'est la mémoire d'un hier à repasser
Où l'on n'est qu'un funambule de son passé.

C'est un disque qui tourne et tourne noir et calme
Dans la douceur inquiète du soir et de l'âme.

Les accords suspendus dans le vent de l'été
Quand on entend craquer les tiges des champs.




Mélodie amoureuse
D'amours jadis heureuses.

Le vagissement d'un cri
Couvrant entier la vie

En extase d'orgasmes
Qui orchestrent ces spasmes.

Augure d'halètement
Au solo d'enfantement.

Clapotement des fluides
Épanchement des liquides.

Le bassin larghetto
S'offrant rallentando

Quand l'archet râcle et crisse
Sur le velours des cuisses

En un si blanc silence
D'une coulée de semence

Venant agrémenter
L'ovulante portée.




C'est 1812 et les échos de la guerre.

C'est l'accordéon à la kermesse de la bière.

C'est le solennel du mariage d'une princesse.

C'est Nuit et Brouillard d'une si infinie tristesse

Qui remue en nous les entrailles de ces morts

Dans cette agonie démente de leur cauchemar.

Car si c'est la beauté de ce monde qu'elle sublime

Quand elle se fait chaleureuse, aimante et intime,

C'est aussi cette chanson qui glace notre sang

De ses récits sans nom et sans aucun bon sens.




C'est la musique qui nous enveloppe

Dans son langage, qui nous emporte

Dans le sensible et l'harmonie,

Dans le fantasme et l'utopie,

Dans la douceur, la frénésie.

C'est la musique qui nous soulève

Pour boire de nos chairs la sève.




La musique qui accompagne notre humanité

Dans son errance et sa multiplicité,

Qui souvent pour le meilleur, parfois pour le pire,

Accompagne nos folies, insouciances et délires,

Qui n'est que ce que nous sommes. Faut-il en rire,

Puisque portés sur ses ailes nous devenons

Un court instant de magie et dieux et démons?




La magie de la musique qui vient pincer

Nos ailes perdues pour un peu les défroisser.
:iconhyneige:
La magie de la musique.


The magic of music.

The music in harmony of sounds
As in the light ice cubes,

Whispering lover in the ear
In the flowers of the summer a bee,
Whistling snake raised on our heads
Clearing stupidities the fish bone,

Captivating mist of a snowfield
Felting of our dreams the merry-go-round.
Rebound of a poem on the wave
In flight of magic around.

Accomplice in the hollow of the secret night,
Penetrating into the flesh which it goes through.
Mesmerizing in steady rhythm
Which numbs the reason without restraint.

Drug in the dance and in the movement,
Alchemy which makes agile and light
And which puts rhythm much later
The echo of steps in the cool morning.

The music in harmony of notes
Of the partition that it knits.



The music, in a dream of invention,
The music, in spiral of modulations,
Fit its tone to our humor
And then its rhythm comes to put rhythm into our heart.

It is a symphony and its finale in insanity.
It is a fugue, a concerto, a choir, a romance.
Sometimes sublime, when it jazz lover the night,
Embracing charmer the sweatiness almost noiselessly.

Provocating and mysterious come from mists,
The finger in the small of the back presses the eye of the moon
When in its blues which blues the day end
Its drunk tongue already has flavour of love.

It is acid, rock, punk, heavy, metal or new wave
When its becomes industrial, sensualist and rave
To support the unconscious until the next day morning.
Drunkenness of decibels shaking its marionettes.



It makes soft and bewitching melody.
It is made poetry to support the said

Of the cabaret singer poet and fisherman who hangs on
His fishhook right in our heart which it skewers.

It is the memory of one yesterday to iron
Where we are only a tightrope walker of his past.

It is the record which turns and turns black and quiet
In the sweetness worried of the evening and of the soul.

The agreements suspended in the wind of the summer
When we hear to crackle the stalks of fields.


Loving melody
Of courtship formerly happy.

The wail of a shout
Covering completely the life

In ecstasy of orgasms
Which orchestrate these spams.

Augurs of panting
In the solo of giving birth.

When the bow squeaks and rustles
On the velvet of thighs


It is 1812 and the echos of the war.

It is the accordion in the carnival of the beer.

It is the solemn of the marriage of a princess.

It is Nuitset Brouillard of a so infinite sadness

Which moves in us the entrails of these deaths

In this mad agony of their nightmare.

Because if it is the beauty of this world which it sublimates

When makes warm, loving and intimate,

It is also this song which freezes our blood

Of its nameless narratives and without any common sense.


It is the music which wraps us

In its language, which takes us

In the sensitive and the harmony,

In the fantasy and the utopia,

In the sweetness, the frenzy.

It is the music which gets us enthusiastic

To drink of our flesh the sap.


The music which accompanies our humanity

In its wandering and its multiplicity,

Which often for the best, sometimes for the worst,

Accompanies our madnesses, freedoms from care and frenzies,

Which is only what we are. It is necessary to laugh at it,

Because, transport on its wings, we become

A short moment of magic and gods and devils?


The magic of the music which comes to pinch

Our wings lost to smooth out them a little.
:iconarwengernak:
Toi aussi tu figures parmi les grandes plumes française de DA. Je voudrais avoir ton âge, déjà !

Que d'émotions livrées et reconnues par tous les mélomanes.

'La magie de la musique qui vient pincer
Nos ailes pour un peu les défroisser.' Sublime !
Reply
:iconhyneige:
*hyneige Jan 25, 2011  Hobbyist General Artist
Merci Margod! Avoir un peu plus d'années c'est avoir ses os un peu plus usés. Mais c'est aussi et surtout avoir eu vingt ans comme une danse à mille temps qui a tourné, tourné, tourné et mis tout ce temps pour germer et grandir les mots d'un peu de sagesse, d'un peu de vécu, d'un peu de poésie. La poésie permet peut-être de recoudre ensemble des univers et des possibles qui n'étaient qu'en parallèle. C'est comme une photo-manipulation des images que chaque mot peut évoquer. Et quand il y a cent mots qui ont chacun tant d'images et de souvenirs, il y a un arrangement de souvenance qui est presque infini. Courber la phrase pour créer en soi des dentelles de Venise, de Bruges, de Neuve-France ou de son moi et où les fils tenus géométrisent le destin d'une vie. Et peut-être se fabriquer une guipure céleste, pour que s'habillant en jeune mariée, notre âme accède à un ailleurs sublime. En attendant un mot en entraîne un autre, un convoi se forme comme un train dans une gare en attente. Laisser ¨Chrysis¨ éclairer de sa lampe le chemin pour prendre avec Delvaux dans ¨la gare la nuit¨ ¨le dernier wagon¨ et se fondre dans l'intemporalité des bras maternels d'un songe bleu que le noir de la nuit intensifie. Nous devrions y oublier les ombres du Mal, cette mixture d'absurdités et de méchancetés qui accable le monde, pour y renaître en complémentaire d'odyssée dans un monde un peu plus lumineux. Toute notre vie aura donc été d'enlever ces pelures sur nous pour retrouver l'ange en nous tout en pleurant un peu sur notre sort, en se réjouissant des bonheurs et en espérant des lendemains meilleurs. :meditation: :tighthug:
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